Parc national de Gouraya à Béjaïa : un joyau naturel entre mer et montagne

Le Parc National de Gouraya-Bejaïa

Un trésor naturel aux portes de Béjaïa

Difficile d’imaginer qu’à seulement quelques minutes du centre-ville de Béjaïa se cache l’un des plus beaux parcs naturels d’Algérie : le parc national de Gouraya. Ce site exceptionnel protégé par l’administration algérienne depuis le 3 novembre 1984 et classé réserve de biosphère par l’UNESCO depuis 2004, s’étend sur  2 080 hectares, terrestres. Il combine à la fois mer (3.650 ha), montagnes et bosquets méditerranéens, formant un paysage d’une rare beauté. Gouraya, c’est un lieu où l’on vient respirer, marcher, observer et s’émerveiller… se ressourcer ! On y trouve des falaises vertigineuses, des sentiers creusés dans la roche au-dessus de la mer, mais aussi des criques sauvages et des sommets offrant des panoramas à couper le souffle.


Une histoire entre nature et culture

Le parc tire son nom de la montagne Gouraya, qui domine Béjaïa et qui, selon certaines légendes locales, serait liée à une figure féminine protectrice de la ville (yemma Gouraya qui signifie maman).

🎶  Écoutez cette charmante musique dont les paroles kabyles parlent de Yemma Gouraya (pour les non initiés à cette langue, tendez l’oreille).

La montagne légendaire du parc national de gouraya
Mont Gouraya (Yemma Gouraya )

Depuis l’Antiquité, cette zone montagneuse attire marins et voyageurs : les Phéniciens, les Romains puis les Pisans ont utilisé cette côte comme point stratégique.

Un vestige marquant est l’île des Pisans, située juste en face de Béjaïa. Au Moyen Âge, elle servait de relais aux marchands italiens. Aujourd’hui inhabitée, elle reste un symbole historique visible depuis plusieurs points du parc.

Le phare du Cap Carbon (le plus haut du monde), construit au XIXᵉ siècle par les Français, témoigne lui aussi de l’importance maritime de la région.

phare du cap carbon-histoire de gouraya
Phare du Cap Carbon (225 m. de haut)

Une richesse écologique
reconnue par l’UNESCO

Depuis 2004, le parc est classé réserve de biosphère. Ce label international souligne la nécessité de protéger sa biodiversité exceptionnelle.

La faune et la flore en détail

Le parc abrite une faune remarquablement diversifiée pour un espace aussi proche d’une ville. Il comprend des espèces emblématiques comme :

  • le macaque berbère (Macaca sylvanus), plus connu sous le nom de magot, est sans conteste la star du parc. Les groupes de magots se déplacent librement entre le Pic des Singes et les zones boisées. On peut aussi en rencontrer plus bas, jusqu’à l’ancien cimetière – à visiter par ailleurs. Curieux et expressifs, ils fascinent les visiteurs, mais rappelons-le : les nourrir est formellement déconseillé car cela modifie leur régime alimentaire naturel et crée une dépendance dangereuse.
  • le chacal doré, prédateur opportuniste et charognard, Indispensable à l’équilibre de l’écosystème, est protégé.
  • le sanglier omnivore forestier, espèce abondante, parfois régulée par battue administrative.
  • les rapaces – vautour fauve, aigle, hibou grand‑duc, le faucon pèlerin, le milan noir, l’aigle de Bonelli, buses variables et éperviers d’Europe – sont également bien représentés et survolent régulièrement les falaises. Leur présence est un indicateur fiable de la bonne santé de l’écosystème.
  • une grande variété d’oiseaux marinsle grand cormoran, le puffin cendré (espèce migratrice, parfois observée, mais rare sur les côtes) – nichent dans les anfractuosités des falaises, notamment le goéland leucophée, omniprésent le long des caps. Les ornithologues amateurs trouveront dans le parc un terrain d’observation privilégié.
  • Des mammifères marins ne sont pas en reste : des dauphins communs sont régulièrement aperçus depuis les caps, notamment au large du Cap Carbon. Une rencontre rare et mémorable pour les randonneurs attentifs… et persévérants !

En tout, ce sont 1224 espèces fauniques (terrestre, marine et lacunaire).

Le singe macaque de berbèrie-Bejaïa-algerie
Un macaque sur la portière de la voiture qui veut du gâteau ! Malheureusement pour l’aventure, il est préférable de ne pas les nourrir.

La flore (974 espèces recensées) du parc est typiquement méditerranéenne, avec des espèces parfaitement adaptées à la sécheresse estivale, a l’air salin et aux sols rocailleux :

  • Le pin d’Alep domine les hauteurs, formant des forêts denses qui offrent de l’ombre aux randonneurs.
  • Le chêne-liège, reconnaissable à son épaisse écorce spongieuse, est lui aussi très présent et fait l’objet d’une exploitation traditionnelle raisonnée.
  • L’arbousier, avec ses petits fruits rouges caractéristiques à l’automne.
  • Le lentisque (qui servait autrefois comme base de lessive).
  • Le romarin sauvage qui tapisse les versants les plus exposés.

En bord de mer, la végétation halophyte, qui résiste aux embruns salés, se pare au printemps de couleurs vives de fleurs. Asphodèles, cistes, genévriers, absinthes, euphorbes, iris sauvages, lis maritime fleurissent, parfois entre les rochers.

Ce classement dans les réserves de biosphère engage les autorités locales, mais également les habitants et les touristes, dans une démarche de tourisme durable : limiter l’impact des visiteurs, préserver les habitats naturels des animaux et sensibiliser le public.

Les sites incontournables du parc Gouraya

Chaque visiteur peut choisir son itinéraire, mais certains lieux sont de véritables incontournables offrant des vues grandioses.

Les Aiguades

Avant d’accéder au Cap Bouak, la route conduit à l’Anse des Aiguades. Cette crique sauvage est un petit paradis : eau claire, rochers, silence interrompu seulement par le bruit des vagues… et les enfants qui plongent en été !

Les Aiguades étaient autrefois un lieu stratégique pour les pêcheurs et marins, qui y trouvaient un abri naturel. Aujourd’hui, c’est un espace de détente apprécié des familles, des nageurs et des photographes.

Le Cap Bouak

C’est l’un des joyaux cachés du parc. Le Cap Bouak se distingue par un sentier spectaculaire taillé dans la roche, qui surplombe la Méditerranée. On y traverse un petit tunnel piéton, creusé à même la falaise, donnant l’impression de marcher entre ciel et mer.

Ce passage impressionnant est souvent l’un des souvenirs les plus marquants des randonneurs. À la fois accessible et vertigineux, il offre des points de vue rares sur la mer et la baie de Bougie.

On aperçoit en face, sur cette photo le début du Cap Noir. Il se prolonge ainsi sur le côté ouest, derrière la falaise.

Le Cap Noir

Situé au milieu de Gouraya, le Cap Noir est un lieu important du parc. Ses falaises plongent dans la mer, créant un contraste saisissant avec le bleu profond de la Méditerranée.

C’est aussi un bon point de départ pour explorer le parc à pied, car de nombreux sentiers partent de cette zone en direction des deux autres caps voisins.

Une vue du Cap Noir de Gouraya
Cap Noir

Le Cap Carbon et son phare

Le Cap Carbon est sans doute le site le plus emblématique du parc. Il est célèbre pour sa falaise de 220 mètres, considérée comme l’une des plus hautes falaises maritimes de Méditerranée.

Son phare, construit au XIXᵉ siècle, est un repère visible depuis la mer comme depuis la ville. La corniche du Cap Carbon, creusée dans la roche, attire chaque année des milliers de visiteurs. Le panorama au coucher du soleil y est tout simplement inoubliable.

Le pic des singes

À 430 mètres d’altitude, le Pic des Singes domine toute la baie de Béjaïa. Du sommet, la vue panoramique s’étend sur la Méditerranée, les montagnes environnantes et la ville.

Comme son nom l’indique, ce site est le territoire des magots. Les randonneurs apprécient autant la marche que la rencontre avec ces habitants à quatre pattes.

Mais le parc national de Gouraya ne séduit pas seulement par ses paysages et sa biodiversité : il recèle également un héritage historique précieux.

Le patrimoine hitorique de Gouraya

Au-delà de ses paysages marins et montagneux, le parc national de Gouraya possède aussi un patrimoine culturel et historique particulièrement riche. Ses vestiges et monuments, hérités des civilisations qui ont marqué Béjaïa, témoignent de son importance à travers le temps comme :

  • le Fort Gouraya ;
  • la muraille hammadite ;
  • la Tour Doriac ;
  • le Fort de Gouraya (ancien fort Lemercier),

qui complètent la découverte du parc par une dimension patrimoniale essentielle.

Activités à faire dans le parc

Le parc de Gouraya se prête à de nombreuses activités, selon les envies :

  • Randonnée pédestre : plusieurs sentiers balisés relient les caps et les sommets.
  • Observation des animaux : singes, oiseaux et parfois même des dauphins (pour les grands patients) visibles depuis les caps.
  • Pique-nique : les familles viennent souvent profiter d’un repas en plein air, avec vue sur la mer (⚠️  le site doit-être préservé de tout déchet s’il vous plaît).
  • Photographie : entre falaises, couchers de soleil, faune et flore, les sujets ne manquent pas.
  • Plage et baignade : certaines criques comme aux Aiguades permettent de se rafraîchir.

📕 Si vous souhaitez en savoir plus sur les lieux à visiter, ce livre « Quoi voir à Bejaïa » peut vous intéresser.

Le parc Gouraya en pratique : conseils selon votre profil

Le parc selon votre profil de visiteur

Le parc national de Gouraya s’adapte à tous les types de visiteurs. Voici quelques itinéraires selon votre profil :

  • Vous venez en famille avec de jeunes enfants ? Privilégiez la zone des Aiguades et le Cap Noir. Les sentiers y sont larges et peu techniques. Prévoyez des sandwichs et de l’eau, les criques permettent une baignade agréable. Évitez les heures les plus chaudes en été (11h-16h).
  • Vous êtes randonneur confirmé ? Le circuit complet Cap Bouak – Aiguades – Cap Carbon – Pic des Singes constitue une belle journée de marche. Ce parcours de plusieurs heures combine passages vertigineux et panoramas à 360°. Partez tôt le matin et munissez-vous d’une carte ou d’un GPS.
  • Vous êtes (comme moi) passionné de photographie ? Les heures dorées (lever et coucher de soleil) offrent des lumières exceptionnelles sur les falaises des Caps, les eaux turquoise de la Méditerrané et les montagnes de Kabylie. Le Pic des Singes – tôt le matin ou en fin d’après-midi – permet de photographier les magots qui se replient aux heures les plus chaudes.
  • Vous n’avez que quelques heures ? Concentrez-vous juste sur l’un des Caps. Tous accessibles facilement, ils offrent un panorama différent (un chaque jour par exemple). Mais le plus spectaculaire du parc en un minimum de temps reste le Cap Carbon ! Comptez 1h30 à 2h aller-retour depuis le parking.

Anecdotes et conseils

Les habitants de Béjaïa aiment partager quelques anecdotes :

  • Les macaques du Pic des Singes sont connus pour « emprunter » la nourriture des visiteurs distraits.
  • Le coucher de soleil au Cap Carbon est considéré comme l’un des spots les meilleurs du Parc National de Gouraya.
  • Certains randonneurs racontent la légende selon laquelle la montagne Gouraya protège la ville des tempêtes.

Comment se rendre au Parc National de Gouraya ?

Que vous arriviez d’Alger ou d’une autre wilaya, rejoindre le parc national de Gouraya est relativement simple.

Depuis Alger en voiture, comptez environ 3h via l’autoroute Est-Ouest jusqu’à Béjaïa. Une fois en ville, le parc est accessible en quelques minutes depuis le centre, en suivant la route côtière vers l’ouest en direction du Cap Carbon.

Depuis le centre de Béjaïa, le trajet en taxi vers les principaux sentiers (Cap Bouak, Cap Noir, Cap Carbon) ne dépasse pas 10 à 15 minutes. Les taxis locaux connaissent bien les points d’entrée du parc.(Mettez-vous d’accord à l’avance sur le tarif)

À pied depuis Béjaïa, c’est tout à fait faisable et même recommandé : la promenade longe la côte et permet d’apprécier les premiers panoramas avant même d’entrer dans le parc. Comptez de 30 minutes de marche à plus d’une heure (selon le cap) depuis le vieux centre ville (les transports en communs fonctionnent très bien jusqu’ici).

En transport en commun, des bus et taxis collectifs desservent régulièrement la côte depuis la gare routière de Béjaïa. Renseignez-vous sur place pour les horaires selon la saison.

Où dormir près du Parc National de Gouraya ?

Le parc ne dispose pas d’hébergements en son sein (quoique deux hôtels sont relativement très proche si marcher ne vous rebute pas trop – Le Saldae et Le Cap Carbon), mais Béjaïa offre plusieurs options pour prolonger votre séjour.

En ville, plusieurs hôtels proposent des chambres avec vue sur la mer ou la montagne. C’est l’option la plus pratique pour explorer le parc sur plusieurs jours.

En bord de mer, certaines structures proposent des locations d’appartements ou de bungalows, tout autour de Béjaïa. C’est idéal pour combiner randonnée et baignade.

En gîte rural, quelques familles de la région proposent des hébergements chez l’habitant (souvent nommés niveau de villa), une excellente façon de découvrir l’hospitalité kabyle/algérienne en général et de s’imprégner du quotidien local.

❗️ Conseil Algériaventures : réservez à l’avance si vous désirez résider en juillet-août, la région est très fréquentée l’été.

Hotel Saldae-Pied du Gouraya
Hôtel Saldae

Informations pratiques pour votre visite du Parc National de Gouraya

  • Durée de visite : comptez une demi-journée pour un circuit court (Bouak – Aiguades) et une journée complète pour explorer Cap Carbon et le Pic des Singes.
  • Niveau de difficulté: les sentiers sont accessibles, mais certains passages nécessitent de bonnes chaussures.
  • Meilleure période : le printemps (mars à mai) et l’automne (septembre à novembre) sont parfaits pour randonner.
  • Équipement: chaussures de marche, chapeau, eau, crème solaire et éventuellement un pique-nique (vous avez plaisir à l’emporter avec vous, ayez le même plaisir de ramener vos déchets hors du parc 🙏).
  • Infrastructures: peu de restaurants ou cafés dans le parc (seulement aux aiguades)→ mieux vaut prévoir son repas.
  • Respect du site: ⚠️ Emportez vos déchetsNe cueillez pas de plantes – elles sont là pour être vues par tous, mais avant tout, elles sont la nourritures des animaux et en particulier des abeilles (en voie de disparition) – Ne nourrissez pas les singes (vous leur donnez de très mauvaises habitudes).

📍 Voir sur le plan

Pourquoi visiter le parc National de Gouraya ?

Le parc national de Gouraya, c’est une expérience unique où la montagne rencontre la mer. Chaque sentier réserve une surprise : un panorama inattendu, un cri de singe au loin, une crique isolée ou un phare majestueux.

Pour les habitants de Béjaïa, c’est un lieu familier et bienfaisant mais jamais lassant. Pour les visiteurs, c’est souvent un coup de cœur qui donne envie de revenir.

✍️ Si vous êtes du genre à noter vos idées, vos souvenirs, voici un carnet de notes original adapté à la visite du Parc National de Gouraya !

Tourisme durable et respect du site

Visiter le Parc National de Gouraya de manière responsable

Le classement UNESCO impose des obligations, mais la préservation du parc est avant tout l’affaire de chaque visiteur. Voici quelques gestes simples qui font une grande différence :

  • Ne laissez aucun déchet. Le principe du Leave No Trace s’applique pleinement ici : tout ce que vous apportez repart avec vous. Les déchets abandonnés dans la nature nuisent directement à la faune – les plastiques ingérés par les oiseaux marins et les mammifères peuvent être mortels. Et lorsque vous reviendrez, vous serez contents de trouver un lieu propre comme chez vous.
  • Restez sur les sentiers balisés. Couper à travers la végétation érode les sols, détruit les habitats et peut être dangereux sur les zones de falaise. Les sentiers ont été tracés pour vous guider en toute sécurité tout en préservant la végétation.
  • Ne cueillez pas les plantes. La flore du parc est protégée. Certaines espèces, comme le lis maritime, sont fragiles et leur reproduction est lente. Photographiez-les, mais laissez-les en place pour que les prochains visiteurs puissent les admirer.
  • Respectez la faune sauvage. Observez les animaux à distance respectueuse. Ne tentez pas de toucher les magots, même s’ils semblent apprivoisés. Un singe sauvage stressé peut mordre.
  • Après avoir observé les magots, éteignez vos mégots 😉. En été, le risque d’incendie est extrêmement élevé dans les forêts de pins. Un mégot mal éteint peut déclencher un incendie catastrophique en quelques secondes. À ce propos, lisez mon histoire avec l’Algérie, vous comprendrez  que je sais de quoi je parle 😱.

Visiter le Parc National de Gouraya, c’est un privilège. Le préserver, c’est une responsabilité à partager.

Histoire et patrimoine du parc

Histoire de Gouraya à travers les siècles

L’histoire de Gouraya et de son littoral ont joué un rôle stratégique majeur tout au long de l’histoire méditerranéenne. Bien avant que le site ne soit classé parc national en 1984, cette côte était déjà un carrefour entre civilisations.

Aux origines : Sida, le port des Anciens

La qualité exceptionnelle du port naturel de Béjaïa en a fait un point d’attraction pour les marins bien avant l’ère chrétienne. Les sources géographiques grecques anciennes en témoignent : le Périple du Pseudo-Scylax, ouvrage rédigé dans sa forme finale avant 360 av. J.-C. mentionne déjà la cité sous le nom de Sida. Cette appellation, longtemps considérée comme une erreur de transcription, trouve en réalité une cohérence dans la toponymie libyque de la région : des villes comme Thamusida ou Tocolosida portent des suffixes similaires, révélant une racine commune ancrée dans les langues berbères antiques. Béjaïa – alors connue sous le nom de Saldae – était donc déjà connue et fréquentée des navigateurs de la Méditerranée antique, bien avant l’arrivée des Phéniciens puis des Romains qui profitaient des criques abritées pour réparer leurs embarcations et se ravitailler en eau douce.

Carthage, Hannibal et les guerres puniques

L’histoire de Béjaïa prend un tournant décisif à partir du IIIᵉ siècle avant J.-C., lorsque les Puniques s’y établissent vers -237. La ville se trouve alors entraînée dans les grands bouleversements militaires de la Méditerranée antique : durant la Seconde Guerre Punique (218-201 av. J.-C.), Hannibal y recrute vraisemblablement des soldats, comme dans les autres cités du Metagonium — cette bande côtière nord-africaine qui s’étendait à l’est de l’actuel Maroc jusqu’aux abords de Béjaïa. Un trésor exceptionnel découvert en 1927 à Bgayet — pas moins de 3 000 monnaies carthaginoises — vient confirmer cette période d’intense activité : les spécialistes estiment qu’il fut enfoui entre 210 et 202 av. J.-C., probablement dans un contexte de tensions militaires croissantes.

Sur le plan urbain, la cité antique occupait une position remarquablement défensive : elle s’installait à l’extrémité d’un contrefort du mont Gouraya dominant directement la mer. Cette langue de terre en légère pente vers l’est était naturellement protégée sur trois côtés par des falaises abruptes. Seul le flanc occidental nécessitait un ouvrage artificiel — un fossé et un rempart — dont les traces ont aujourd’hui disparu sous la ville moderne.

De la Numidie à Rome : Saldae change de visage

Sur le plan urbain, la cité antique occupait une position remarquablement défensive : elle s’installait à l’extrémité d’un contrefort du mont Gouraya dominant directement la mer. Cette langue de terre en légère pente vers l’est était naturellement protégée sur trois côtés par des falaises abruptes. Seul le flanc occidental nécessitait un ouvrage artificiel — un fossé et un rempart — dont les traces ont aujourd’hui disparu sous la ville moderne.

Le Moyen Âge et l’empreinte des marchands pisans (XIIe-XIIIe siècles)

C’est au tour des marchands pisans d’y laisser leur empreinte. L’île des Pisans, visible depuis plusieurs points de vues des sentiers du parc, témoigne encore aujourd’hui de leur présence. Ces commerçants italiens faisaient escale sur cette île pour échanger des marchandises avec les populations locales, faisant de Saldae l’une des places commerciales les plus actives de la Méditerranée occidentale.

Le phare du Cap Carbon, héritier d’une longue tradition maritime

À l’époque ottomane puis française, la côte de Gouraya conserva son importance stratégique. Le phare du Cap Carbon, érigé au XIXᵉ siècle, est l’héritier direct de cette longue tradition maritime : signaler aux navires la présence de ces falaises redoutables pour éviter les naufrages.

Aujourd’hui, se promener dans le parc national de Gouraya, c’est donc marcher sur des millénaires d’histoire humaine, superposés à une nature restée presque intacte.

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En Résumé

Le parc national de Gouraya est bien plus qu’un simple site touristique. C’est un condensé de ce que la Kabylie a de plus beau : la mer, la montagne, la nature sauvage et l’ambiance singulière des sentiers taillés dans la roche.

Au-delà de sa richesse écologique, ce territoire rappelle combien la nature algérienne façonne les êtres vivants qui y évoluent. C’est notamment le cas du cheval barbe, dont l’histoire est étroitement liée à ces environnements exigeants.

👉 Dans les prochains articles, nous irons à la découverte plus détaillée de chaque site :

  • le Cap Bouak et son tunnel ;
  • les Aiguades, la petite crick pour se rafraîchir de l’intérieur et dans l’eau ;
  • le Cap Noir, pour découvrir le côté ouest du Parc National de Gouraya ;
  • le Cap Carbon et son phare à 224,40 mètres (le plus haut du monde) ;
  • le Pic des Singes magots.

Foire aux questions sur le Parc National de Gouraya

Le parc est situé à l’ouest de Béjaïa, en Kabylie, à quelques minutes du centre-ville. Il se trouve à 249 km a l’Est d’Alger centre – compter 2h58 en voiture par l’autoroute. Mais si vous avez le temps, passez par le littoral (247 km – 5h53).

L’accès aux sentiers est libre. Certains sites comme le parking des Aiguades peuvent nécessiter un droit d’entrée symbolique.

Toute l’année, mais le printemps (avril-mai) et l’automne (sept-nov) sont idéaux pour les randonnées.

Non, il est très fortement déconseillé de nourrir les macaques pour ne pas perturber leur comportement naturel.

Les trois caps ont des sentiers distincts ; les sentiers des caps Noir et Carbon se rejoignent. La promenade au Pic des singes est sans issue arrivée au bout. Pareil pour le sentier du Cap Bouak – on pouvait faire une boucle en partant du port de Bejaïa, mais il a malheureusement été fermé.

Le parc abrite 1224 espèces fauniques, dont :

  • le macaque berbère ;
  • le chacal doré ;
  • le sanglier ;
  • 8 rapaces ;
  • 3 oiseaux marins ;
  • des mammifères marins
  • etc.

Le parc comprend 974 espèces de flores méditerranéennes parfois endémiques, dont :

  • le pin d’Alep ;
  • le chêne liège ;
  • l’arbousier ;
  • le lentisque ;
  • le romarin ;
  • l’olivier ;
  • etc.

Oui, dans le parc national de Gouraya, on compte  67 espèces protégées au total (toutes catégories confondues).

  • 10 mammifères  dont le macaque berbère (singe magot), le chacal doré, le sanglier, le lynx caracal, le chat sauvage, le porc‑épic, etc.

  • 33 oiseaux dont des rapaces (vautour fauve, aigle, faucon, etc.), le pluvier guignard, les cailles, les alouettes, les engoulevents, etc.

  • 9 reptiles dont une espèce de tortue.

  • 3 amphibiens dont la grenouille verte.

  • 4 espèces de libellules signalées comme protégées dans le parc.

  • 3 plantes terrestres et algues (dont Posidonia oceanica ) classées en « Liste rouge »).

Oui, le parc compte une dizaine d’espèces végétales endémiques (propres au littoral méditerranéen, souvent en danger), parmi lesquelles :

  • des algues et herbes marines du genre Cystoseira ( C. mediterraneaC. strictaC. ercegoviciiC. spinosa, etc.) ;

  • Lithophyllum lichénoïdes (algue rouge calcaire) ;

  • Dictyopteris membranacea (algues brunes) ;

  • et en particulier Posidonia oceanica (une herbe marine), classée espèce végétale endémique de la Méditerranée et protégée.

Rappelons que le singe magot est aussi une espèce endémique, mais plus largement, au Maghreb. Et à ce titre, il  est classé par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) parmi les espèces vulnérables, en danger de disparition.

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